Logo ViveS foncé
  • Newsletters
  • Podcasts
  • Baromètres
  • Évènements
  • ViveS Académie
  • Ressources
  • Connexion
Rechercher...
Accueil > Newsletters > Parlons Travail > Repreneuse, pourquoi pas vous ?
repreneuse, âge, entreprise

Rokovoko

Valérie Lion

Valérie Lion

Formations Parlons Travail

Repreneuse, pourquoi pas vous ?

13 avril 2022

C’est un sujet d’inquiétude au sein des territoires : dans les dix prochaines années, quelque 600 000 entreprises devraient changer de main, selon la BPI, car leurs dirigeants atteignent largement l’âge de la retraite. Mais qui reprendra ces entreprises, pour la plupart des TPE/PME, et évitera qu’elles ne disparaissent, et avec elles leurs emplois ? Parmi les repreneurs, on compte bon an mal an à peine 10 % de femmes*. Un chiffre étonnant alors qu’elles représentent le tiers des créateurs d’entreprise.

Partager la newsletter

LinkedIn icon WhatsApp icon Facebook icon
Partager par email

Séparez les adresses mails par une virgule pour envoyer à plusieurs destinataires.

“ L’une des plus célèbres repreneuses de l’histoire est une jeune veuve ”

Souvent les femmes reprennent une entreprise par héritage ; c’est du moins l’idée qu’on s’en fait. D’après une étude de l’APCE publiée en 2009, en France, 20 % des femmes reprendraient une entreprise par héritage ou par donation. D’ailleurs, l’une des plus célèbres repreneuses de l’histoire est une jeune veuve, qui au décès prématuré de son mari, François Clicquot, s’est retrouvée à la tête d’une maison de champagne créée 33 ans plus tôt et produisant 100 000 bouteilles par an. Barbe-Nicole Clicquot, née Ponsardin, avait alors 27 ans ; nous sommes en 1805. Autant dire que les femmes d’affaires ne sont pas légion à l’époque. La jeune dame n’a guère de modèle pour s’inspirer mais elle n’a pas froid aux yeux : la veuve Clicquot innove en créant des millésimes et en exportant ses vins jusqu’en Russie. A sa mort, en 1866, la maison commercialise 750 000 bouteilles par an !

Une quinqua avec 30 ans d'ancienneté se refuse à voir disparaître la société qui l'emploie…

Cependant, il n’est pas nécessaire d’être une héritière précoce pour devenir une entrepreneure à succès. Plus près de nous, l’exemple de Chantal Andriot est éloquent : en 2004, cette quinqua entrée trente ans plus tôt comme comptable chez Tolix (le fabricant de la fameuse chaise en tôle, icône du style industriel) se refuse à voir disparaître la société qui l’emploie. Elle est alors directrice financière, après avoir assuré la gestion des ressources humaines ; la société est en liquidation judiciaire, affaiblie par la concurrence du plastique. Chantal Andriot présente à la barre du tribunal de commerce un projet modeste mais solide : elle mise sur l’innovation, la modernisation des gammes et l’export. Elle l’emporte… sans le soutien des banques : la repreneuse doit abonder seule le compte courant. Quinze ans plus tard, l’entreprise est bien vivante, malgré deux années difficiles dues au Covid : elle compte 60 salariés contre 20 au moment de la reprise, les produits sont toujours fabriqués dans l’usine d’Autun et le chiffre d’affaires atteint 8 millions d’euros.

“ L’âge parfait pour le repreneuriat serait 46 ans ”

En dépit de succès comme celui de Chantal Andriot, quand on interroge des dirigeants sur la figure (contemporaine) emblématique en matière de cession-reprise d’entreprises, ce sont seulement des hommes qui sont cités : Vincent Bolloré, Xavier Niel ou encore Pierre Kosciusko-Morizet. Pourtant quand on demande aux mêmes personnes de dresser le portrait-robot du repreneur idéal, 84 % se disent indifférents au genre, et soulignent surtout l’importance d’une certaine maturité : l’âge parfait pour le repreneuriat serait 46 ans. Un âge auquel les femmes ne devraient pas hésiter à se poser la question de la reprise d’entreprise. Elles ont en effet accumulé une belle expérience professionnelle et c’est souvent le moment où elles se cognent au plafond de verre, ou bien s’interrogent sur la cohérence de leur fonction avec leurs valeurs.

 

Ce fut le cas pour Pascale Tessier-Morin, aujourd’hui Pdg d’Atelier Images & Cie (impression numérique grand format pour la communication et l’événementiel, 5 salariés) : à 46 ans, elle était directrice financière d’un groupe anglo-saxon, et sentait que son horizon se bouchait. « J’étais déjà senior, je savais que je n’obtiendrais pas le poste de mes rêves d’un claquement de doigt », raconte Pascale. Elle n’a pas d’idée pour une création d’entreprise, en revanche en reprendre une, pourquoi pas ? Avantage : si l’entreprise est saine, il est possible de se verser d’emblée un salaire – critère non négligeable. Même s’il ne faut pas s’attendre à un salaire mirobolant, précise Aurore Lebon, qui dirige aujourd’hui Gauthier & Cie (une fabrique de tringles et stores haut-de-gamme, 6 salariés) : « les premières années, le résultat sert surtout à rembourser la banque ». Consultante de métier, Aurore s’était promis de reprendre une entreprise à 40 ans, l’âge des tournants.

 

Pascale et Aurore ont toutes deux suivi la formation du CRA (Cédants et repreneurs d’affaires) pendant trois semaines, avant de se lancer dans la recherche d’une cible. Des formations où les femmes sont rares… En 2019, elles représentaient seulement 7 % des adhérents repreneurs au CRA et 15 % des stagiaires de CRA formation.

“ Faut-il beaucoup d’argent pour racheter une entreprise ? ”

Faut-il beaucoup d’argent pour racheter une entreprise ? Évidemment, il faut chercher en fonction de ses moyens. Mais pas besoin d’avoir des millions. Comme le dit Pascale Tessier-Morin, « on constitue toujours un matelas en cas de difficulté ou pour un futur projet… les sous que j’avais mis de côté pour faire une nouvelle cuisine, je les ai mis dans ma boîte ». En revanche, il faut prévoir des dépenses incompressibles au démarrage : avocats, comptables…, à financer avec ses fonds propres car les banques ne prêtent pas d’argent pour cela.

 

Les banques ! C’est souvent le point noir pour la reprise au féminin. Premier écueil : la légitimité. Les femmes candidates au rachat d’entreprises sont tellement peu nombreuses que leur présence surprend inévitablement. Il n’est pas rare qu’elles s’entendent demander « C’est qui le dirigeant ? » ou « Où est votre associé ? » (déjà mieux que « Où est votre mari ? », avouons-le). « Être seule, ce n’est pas évident », reconnaît Aurore Lebon. « Il faut annoncer des montants significatifs pour être crédible », conseille Pascale Tessier-Morin. Et d’ajouter : « Toute reprise peut être finançable par les établissements bancaires, à condition que la cible soit rentable. »

 

« Reprendre une entreprise, c’est à la fois chercher un job et un appartement » résume Aurore Lebon. En clair, on met sa vie professionnelle et son patrimoine en jeu. Mais on peut poser des limites. Ainsi, Pascale Tessier-Morin a-t-elle refusé d’apporter une caution personnelle. Une seule banque sur les 10 qu’elle avait sollicitées a accepté de la financer sans caution : elle l’a choisie. « Je mettais mes sous et mes tripes sur la table, pas question d’aller plus loin », explique-t-elle.

“ Une reprise, c’est d’abord une rencontre avec l’entrepreneur qui vend ”

Autre frein : le sentiment de ne pas avoir toutes les compétences nécessaires pour gérer une entreprise. « Je ne suis pas ingénieure, comment reprendre une société technique ? », « Je ne suis pas commerciale, vais-je savoir vendre ? », « Comment se faire accepter des salariés ? ». Ces questions, Pascale Tessier-Morin et Aurore Lebon, toutes deux sorties d’écoles de commerce, se les sont posées : elles voulaient chacune une entreprise qui travaille la matière, un atelier qui produit. Cibler une activité qui vous parle et vous plaît est l’une des clés du succès. Nos deux repreneuses ont réussi à trouver l’entreprise qui leur convenait et le cédant qui leur faisait confiance, après de nombreux mois de recherche. Car une reprise d’entreprise, c’est d’abord une rencontre avec l’entrepreneur qui vend. L’atout de ces deux femmes ? Avoir été dans une logique de transmission, vouloir préserver et développer l’activité, ainsi que les emplois. Leur satisfaction ? S’être imposée dans un milieu artisanal souvent très masculin, des fournisseurs aux clients ; avoir modernisé leur entreprise tout en respectant son ADN.

 

La fierté de Pascale ? Avoir été une source d’inspiration pour son fils, qui, depuis, a créé sa propre boîte. La fierté d’Aurore ? Gérer seule sa société, et sa fille de 13 ans, car l’année où elle a racheté Gauthier & Cie, elle a divorcé, reprenant une liberté qu’elle ne s’autorisait pas. Effet indirect du repreneuriat : il booste l’estime de soi !

Illustration : Un grand merci à Wood et l’agence Virginie

 

*Source : Stratégie repreneuriale et performance en PME, p.19

Valérie Lion

Valérie Lion

Valérie Lion est rédactrice en chef de ViveS. Elle a intégré le groupe Bayard en 2020 comme rédactrice en chef à l’hebdomadaire Le Pèlerin. Elle a plus de 20 ans de métier comme journaliste économique, ayant travaillé pour L’Agefi, Enjeux les Echos, Le Nouvel Economiste avant de rejoindre L’Express en 2004 comme rédactrice en chef successivement des pages Réussir, Economie puis des hors-séries. Elle a imaginé et piloté la plate-forme « Somme toutes » dédiée aux femmes dans le business, avec pour slogan : « Quand les femmes comptent, l’économie progresse ». Elle est également une passionnée du Canada et vient de publier « Comprendre les Canadiens » aux Editions Riveneuve.

 

LE + VIVES

https://vivesmedia.fr/wp-content/uploads/2022/10/CategorieConseiller.png

À DÉCOUVRIR

Des conseils :

  • BPI France nous livre tous les conseils dans un article très complet : « Reprise d’entreprise : comment ça marche ? » doublé d’une vidéo didactique de cinq minutes et d’un webinaire de 1h15.

 

Un guide :

  • Comment engager une reprise, comment négocier efficacement ? Toutes les étapes pour réussir son projet de repreneuriat sont réunies dans un guide téléchargeable sur le site des Chambres de Commerce et d’Industrie.

 

Des formations :

  • L’association Cédants et Repreneurs d’Affaires (CRA) propose des formations courtes ou longues, allant de un jour à trois semaines et animées par des experts praticiens pour avoir toutes les clés dans son projet de reprise.

 

Un accompagnement :

  • Le Réseau Entreprendre accompagne chaque année des créateurs et repreneurs d’entreprise sur tout le territoire français.

 

Un trophée :

  • Les Trophées du repreneuriat organisés par le CRA récompensent chaque année des personnes ayant repris une entreprise avec succès. En 2021, Pascale Tessier-Morin a remporté le premier trophée de la reprise au féminin.
Facebook icon Twitter icon instagram icon LinkedIn icon
Partenaires
Ça vous a plu ? Inscrivez- vous !

Newsletter Osons l'oseille Baromètres Rencontres ViveS Académie Contactez-nous Ressources Collectif
Politique de confidentialité Mentions légales CGU CGV Gestion des cookies © 2023 BAYARD - Tous droits réservés

Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves

La joie est une puissance, cultivez-la

Dalai Lama
Virginie Despentes
La joie est une puissance, cultivez-la
Dalai Lama
Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves
Virginie Despentes
La Newsletter

Je m'inscris à la newsletter ViveS

Chaque semaine une dose d'empowerment économique et financier dans votre boîte mail

Vous avez déjà un compte ?

Texte dssf dssf dssf  dssf

mot de passe oublié ?

Créez un compte

Je suis du texte

Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
Mot de passe

Votre mot de passe doit contenir des minuscules, des majuscules, des chiffres, des caractères spéciaux et faire au moins 8 caractères

* champs obligatoire

Vives ViveS, le média pour l'indépendance économique des femmes.
(Nécessaire)
« Ces informations sont destinées au groupe Bayard, éditeur du site VIVEs. Elles sont enregistrées dans notre fichier afin de vous envoyer les newsletters que vous avez demandées. Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6/01/1978 modifiée et au RGPD du 27/04/2016, elles peuvent donner lieu à l'exercice du droit d'accès, de rectification, d'effacement, d'opposition, à la portabilité des données et à la limitation des traitements ainsi qu'à connaître le sort des données après la mort à l'adresse suivante : dpo@groupebayard.com​. Pour plus d'informations, nous vous renvoyons aux dispositions de notre Politique de confidentialité sur le site groupebayard.com. »