Logo ViveS foncé
  • Newsletters
  • Podcasts
  • Baromètres
  • Évènements
  • ViveS Académie
  • Ressources
  • Connexion
Rechercher...
Accueil > Newsletters > Parlons Argent > Les femmes gèrent bien l’argent
argent, économie, budget

Rokovoko

Laetitia Vitaud

Laetitia Vitaud

Parlons Argent

Les femmes gèrent bien l'argent

06 avril 2022

Ce n’est pas pour rien que l’on répète de plus en plus qu’il est essentiel d’aider les femmes à apprendre à parler d’argent et à mieux gérer leurs finances. ViveS a exploré avec vous la difficulté d’accumuler du patrimoine pour les femmes, ainsi que les freins qui les empêchent d’investir.

Pourtant, cette idée que les femmes seraient « nulles en argent » est amplement démentie par une réalité historique : ce sont surtout les femmes qui gèrent les budgets domestiques et elles savent mieux composer avec des contraintes économiques multiples.

 

 

Partager la newsletter

LinkedIn icon WhatsApp icon Facebook icon
Partager par email

Séparez les adresses mails par une virgule pour envoyer à plusieurs destinataires.

“ Pourquoi entretient-on cette idée que les femmes et l’argent, ça fait deux ? ”

Quand les ressources sont limitées, c’est aux femmes que l’on confie la gestion du budget. Au sein des couples de 35 à 49 ans, 2 femmes sur 3 disent gérer les comptes du foyer ! Non seulement elles sont moins dépensières, mais elles sont aussi meilleures dépensières : avec des dépenses contraintes plus importantes, elles gaspillent moins et sont plus prévoyantes.

 

Dans le monde du travail, elles sont majoritaires dans les postes de gestion de budget : 66 % des salariés de la profession comptable sont en effet des femmes. Même chose parmi les intendants de l’Éducation nationale (70 %). Bref, la gestion des flux et les tableaux comptables ne leur sont en rien étrangers. Au contraire ! Alors pourquoi entretient-on cette idée que les femmes et l’argent, ça fait deux ? Pourquoi les compétences de gestion des femmes sont-elles si dévalorisées ?

“ Elles font ce qu’il y a de plus difficile : composer avec des ressources limitées ”

Non, les femmes ne sont pas « nulles en argent » ! À certains égards, on peut même dire qu’elles font ce qu’il y a de plus difficile : composer avec des ressources limitées. Elles lèvent moins d’argent quand elles sont entrepreneures (2,5 fois moins que les hommes en moyenne) mais les entreprises qu’elles créent sont généralement plus rentables. Dans les foyers, elles sont plus nombreuses à « gérer la misère » : elles sont majoritaires parmi les chefs de familles monoparentales et s’occupent des comptes quand ça va mal.

 

Face aux difficultés, de nombreuses femmes sont particulièrement ingénieuses et débrouillardes : elles dénichent les « bons plans », elles achètent d’occasion, elles maîtrisent les démarches administratives pour obtenir toutes les aides possibles et elles optimisent la gestion de leur budget. En d’autres termes, leurs compétences de gestionnaire sont loin d’être faibles. Mais ces compétences sont trop souvent cantonnées à la « gestion de la misère », comme le dit la journaliste Lucile Quillet dans Le prix à payer, c’est « Madame PQ Monsieur Voiture » : les femmes ont en charge les dépenses liées au foyer et aux enfants tandis que les hommes gèrent le patrimoine et les dépenses exceptionnelles.

“ Les femmes gèrent le budget quand il y a peu d’argent, mais pas quand il y en a beaucoup ”

Dans beaucoup de métiers, les femmes sont nombreuses en bas de la pyramide mais nettement plus rares au sommet. C’est le cas dans les métiers de la comptabilité, où elles forment les deux tiers des effectifs mais seulement 26,4 % des experts-comptables inscrits au tableau de l’Ordre.
Idem dans les foyers au sommet de la pyramide sociale : les femmes sont rarement aux manettes des finances. Plus les foyers sont aisés, plus ce sont les hommes qui ont le monopole des connaissances patrimoniales et des relations avec les professionnels de gestion de fortune, ont montré les sociologues Céline Bessière et Sibylle Gollac dans Le genre du capital (2020).

“ Les compétences budgétaires sont la base de tout ”

Pourtant, le budget est la première étape dans la constitution d’un patrimoine. Être rompu à l’exercice, c’est déterminant pour l’avenir !

 

Il y a au moins trois raisons pour lesquelles les compétences budgétaires sont la base de tout :

Un, cela permet d’éviter les frais énormes liés aux découverts bancaires et crédits à court terme.
Deux, cela permet de fiabiliser son épargne et sa capacité à investir.
Trois, c’est le moyen d’équilibrer les plaisirs immédiats et les gratifications pour plus tard.

 

Préparer son budget, c’est prévoir les revenus que l’on va percevoir et les dépenses ou charges que l’on va assumer. C’est un exercice continuel -et indispensable- qui consiste à faire asseoir à la table des négociations son moi présent et son moi futur. 
On apprend à séparer les dépenses fixes (loyer, charges, téléphonie…) des dépenses variables (alimentation, habillement, loisirs…). On se rend compte que la part du revenu allouée au logement est majeure quand les revenus sont faibles, et cela force à réfléchir à comment épargner, comment investir, comment gagner plus peut-être ?

 

Beaucoup des difficultés financières auxquelles les femmes sont confrontées ne sont en rien liées à une prétendue nullité féminine en matière d’argent mais plutôt à une répartition inégalitaire des revenus et des dépenses au sein des foyers.

 

La bonne gestion du budget repose sur des compétences essentielles sur lesquelles les femmes ont une longueur d’avance. Elles devraient apprendre à le valoriser, car cela pourrait être un tremplin dans leur vie professionnelle et pourrait même bénéficier à l’avenir de la société.

“ Beaucoup d’entreprises sont confrontées à des casse-têtes dignes de ceux qu’affrontent les mères solos sans le sou ”

En effet, les compétences dévalorisées des « bonnes ménagères » pourraient bien être reconsidérées à leur juste valeur dans un monde de ressources limitées. On peut mettre en avant un argument écologique : puisque les femmes ont de meilleurs résultats avec moins de ressources, alors on pourrait rendre l’économie moins gourmande en ressources en donnant plus de pouvoir aux femmes ! C’est l’idée développée par l’économiste Linda Scott dans son livre The Double X Economy (2020), comme par certains mouvements écoféministes qui associent la lutte contre les inégalités de genre avec la lutte pour l’environnement.

 

Alors que les chaînes d’approvisionnement ont été mises en péril par la pandémie et le contexte géopolitique, beaucoup d’entreprises sont confrontées à des casse-têtes dignes de ceux qu’affrontent les mères solos sans le sou à la tête de familles nombreuses. Recycler, trouver des « bons plans », acheter d’occasion, économiser l’énergie et composer avec l’inflation, c’est le lot de nombreux professionnels depuis le début de la guerre en Ukraine !

Il y a aussi des secteurs où ces compétences sont valorisées depuis longtemps, notamment dans la grande distribution où les marges sont faibles et chaque centime compte.

“ Dans les contextes de crise, les femmes ont plus de chances d’être nommées à des postes à responsabilité ”

Parce que les femmes gèrent les crises du quotidien, ce n’est pas un hasard si on leur confie plus volontiers les rênes quand les choses vont mal. C’est parfois une opportunité pour elles, mais aussi un cadeau empoisonné car elles sont considérées comme responsables quand elles ne « gèrent » pas, y compris ce qui est ingérable. En 2004, Michelle K. Ryan et Alexander Haslam, deux Britanniques, ont examiné le lien entre la performance des entreprises cotées et la nomination de femmes au conseil d’administration et ont constaté quelque chose d’étonnant : quand ça va mal (crise, mauvais résultat, catastrophe…), les femmes ont plus de chances d’être nommées que quand tout va bien. Ils ont baptisé ce phénomène la « falaise de verre » (Glass Cliff), en écho au célèbre « plafond de verre ». Un exemple : quand Yahoo a entamé sa chute, on a mis Marissa Mayer à sa tête.

 

En somme, les compétences féminines en matière budgétaire sont valorisées dans les situations où il y a « mission impossible ». Or ces situations pourraient devenir plus courantes demain dans un contexte d’incertitude croissante et de crise économique. Les femmes seront-elles plus souvent gestionnaires à tous les niveaux des organisations à l’avenir en raison du phénomène de la falaise de verre et du réchauffement climatique ? C’est possible et même souhaitable. Préparons-nous donc à réussir nos prochaines missions impossibles, en espérant qu’on ne nous fasse bientôt plus devenir cheffes uniquement dans la tempête.

Illustration : un grand merci à Rokovoko

 

Source chiffre illustration : Association Femmes experts-comptables, e-book La Parité, page 22

Laetitia Vitaud

Laetitia Vitaud

Après avoir enseigné pendant dix ans la culture anglaise et américaine, Laetitia s’intéresse aujourd’hui à l’avenir du travail. Elle fait partie des experts de l’Institut Montaigne et est l’autrice de plusieurs ouvrages sur le sujet, dont notamment Du labeur à l’ouvrage aux éditions Calmann Lévy, dans lequel elle analyse les évolutions dont le travail fait l’objet à l’ère numérique. Par ailleurs, elle est Experte du Lab du média RH Welcome to the Jungle, co-fondatrice avec son compagnon Nicolas Colin de Nouveau Départ, un média “qui explore la crise et les transitions”. Elle est également l’autrice d’une newsletter sur l’avenir du travail avec une perspective féministe, Laetitia@Work.

Pour ViveS, Laetitia forme un duo de choc avec Valérie Lion, pour questionner et décrypter la place des femmes dans le monde du travail et l’économie.

LE + VIVES

https://vivesmedia.fr/wp-content/uploads/2022/10/CategorieLire.png

À LIRE

Des articles :

  • « Les Françaises gèrent mieux leur argent que les hommes » (La finance pour tous) : une enquête Cofidis révèle que face à des contraintes financières plus fortes, les femmes sont plus prévoyantes et économes.
  • « La parité hommes / femmes dans l’expertise comptable » (Compta Online) : deux-tiers des pros de la comptabilité sont des femmes, mais seulement un tiers des experts-comptables. Pourtant, les femmes sont de plus en plus nombreuses dans la comptabilité !
  • « Quand l’école enseignait à devenir une bonne épouse et une bonne cuisinière » (Madame Figaro) : l’enseignement ménager au sein duquel on trouvait des cours de maths pour « gérer les comptes » faisait partie de ce que l’on apprenait aux filles dans les écoles non mixtes d’autrefois.
  • « Genre et économie : donner le pouvoir aux femmes, c’est être tous gagnants » (Welcome to the Jungle) : si les femmes géraient davantage de budgets, l’économie et la planète s’en porteraient mieux, explique l’économiste Linda Scott.

 

Un livre :

  • Mon budget sur pilote automatique : un budget sans prise de tête grâce à la méthode Bento de Paula Cay qui propose une méthode pour « compartimenter » les lignes de son budget et en automatiser la gestion pour éviter les mauvaises surprises. Son autrice s’est d’abord fait connaître grâce à un compte Instagram.
https://vivesmedia.fr/wp-content/uploads/2022/10/CategorieVoir.png

À REGARDER

Un film :

  • La bonne épouse , long-métrage sorti en 2020, illustre cet enseignement. Mais entre ce qui a été enseigné et ce qu’il va se passer dans la vraie vie, il y a matière à comédie. Avec Juliette Binoche et Edouard Baer.
https://vivesmedia.fr/wp-content/uploads/2022/10/CategorieEcouter.png

À ÉCOUTER

Des podcasts :

  • « Petits sous et gros sous » de Nidhoir Daoud propose « des histoires authentiques de gros sous et petits sous sur le quotidien des familles qui tentent de joindre les deux bouts. » 
  • « Richissime » (anciennement Budget Chéri) de Delphine Pinon aborde le rapport à l’argent et les freins qui nous empêchent d’épargner avec des invités experts.
Facebook icon Twitter icon instagram icon LinkedIn icon
Partenaires
Ça vous a plu ? Inscrivez- vous !

Newsletter Osons l'oseille Baromètres Rencontres ViveS Académie Contactez-nous Ressources Collectif
Politique de confidentialité Mentions légales CGU CGV Gestion des cookies © 2023 BAYARD - Tous droits réservés

Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves

La joie est une puissance, cultivez-la

Dalai Lama
Virginie Despentes
La joie est une puissance, cultivez-la
Dalai Lama
Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves
Virginie Despentes
La Newsletter

Je m'inscris à la newsletter ViveS

Chaque semaine une dose d'empowerment économique et financier dans votre boîte mail

Vous avez déjà un compte ?

Texte dssf dssf dssf  dssf

mot de passe oublié ?

Créez un compte

Je suis du texte

Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
Mot de passe

Votre mot de passe doit contenir des minuscules, des majuscules, des chiffres, des caractères spéciaux et faire au moins 8 caractères

* champs obligatoire

Vives ViveS, le média pour l'indépendance économique des femmes.
(Nécessaire)
« Ces informations sont destinées au groupe Bayard, éditeur du site VIVEs. Elles sont enregistrées dans notre fichier afin de vous envoyer les newsletters que vous avez demandées. Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6/01/1978 modifiée et au RGPD du 27/04/2016, elles peuvent donner lieu à l'exercice du droit d'accès, de rectification, d'effacement, d'opposition, à la portabilité des données et à la limitation des traitements ainsi qu'à connaître le sort des données après la mort à l'adresse suivante : dpo@groupebayard.com​. Pour plus d'informations, nous vous renvoyons aux dispositions de notre Politique de confidentialité sur le site groupebayard.com. »